Un mandat d’investigation géotechnique nous a été octroyé dans le cadre d’un projet de prolongement du réseau d’égout sanitaire d’une municipalité de Portneuf. Notre mandat consistait à identifier la nature des sols le long du tracé de l’égout sanitaire projeté et d’émettre les recommandations relatives à la mise en place des conduites.

Dix forages ont été réalisés dans le secteur à l’étude. Les forages ont atteint des profondeurs variables qui étaient fonction du niveau projeté d’implantation de la conduite. Tous les forages se sont terminés dans les sols à la profondeur souhaitée, à l’exception d’un forage qui s’est terminé dans le roc à une profondeur de 2,00 mètres. Sur la base des résultats de forages, les recommandations ont été émises et le rapport envoyé.

Le mandat aurait pu se terminer ainsi, mais compte tenu de l’importance des coûts engendrés par les excavations dans le roc, Depatie Beauchemin a proposé de réaliser des essais supplémentaires entre les deux forages du secteur où le roc se présentait en surface. Nous avons donc proposé de réaliser trois forages destructifs additionnels espacés de 50 mètres les uns des autres. La confiance de la ville en notre expérience a été déterminante ici.

Il faut comprendre qu’afin de respecter les délais, la conception devait avancer malgré les travaux additionnels. La méthode des demies-distances a été utilisée pour évaluer approximativement les volumes d’excavation de roc. Cette méthode considérait que la surface du roc plongeait de façon linéaire entre les deux forages espacés d’une distance de 200 mètres. Selon cette approximation, des excavations de roc seraient nécessaires sur une distance de 100 mètres. Toutefois la réalité en a été tout autrement!

Figure 1: surface du roc estimée au moment de la conception

Effectivement, les forages réalisés ont révélé la présence de roc entre 2,5 et 2,0 mètres de la surface. Nous avons même procédé à la réalisation d’essais dynamiques au pénétromètre à cône afin de mieux définir la surface. Il s’avère que le roc plonge drastiquement à environ 20 mètres du second forage où le roc n’avait pas été atteint à une profondeur de 8,0 mètres. Il y aurait donc un plateau de roc sur près de 180 mètres le long du tracé de la conduite.

 

Figure 2: surface réelle du roc et excavation nécessaire déterminée par l’étude additionnelle

 

Conclusion :

En étant conscients des éventuels problèmes reliés au volume d’excavation dans le roc lors des travaux, nous avons su collaborer avec le client afin de lui faire comprendre l’utilité d’une étude additionnelle propre à ce besoin. Cette dernière a été définie et menée à terme sans délai et bien qu’elle ait nécessairement un apport monétaire supplémentaire de la part du client.

La confiance de la ville en notre expertise s’est avérée être un investissement très bénéfique.

Elle a permis de bien identifier les volumes d’excavations sur le site et ainsi éviter des surcharges d’excavation très importantes qui se seraient chiffré dans les dizaines de milliers de dollars.